Retour au blog après un mois bien peu assidu...
Mais bon, c'est pour dire du bien d'un magazine ! ça n'arrive pas si souvent ...
Or, donc, il existe un magazine qui s'appelle Psychologies dont le nom pourrait laisser penser qu'il traite de psychologie(s)... Bon, ce n'est pas tout à fait ça, même si en tant que psychologue, je devrais être ravie qu'une publication s'intéresse de près à ce qu'on fait, nous, les professionnels de la profession. Malheureusement, c'est un magazine qui fait de la psychologie de comptoir et qui, à force de vulgariser, survole les concepts. C'est de la psychopeople (nouvelle terminologie dont je revendique le copyright). Bref, pour une fois, j'ai envie d'en dire du bien parce que Psychologies a sorti un hors-série (avril-mai 2007 n°9) qui s'intitule : "Retrouver le plaisir de manger".
Evidemment, qu'un magazine regroupe dans le même titre les mots "plaisir" et "manger", forcément, ça m'interpelle. Et je reconnais y avoir retrouvé un certain nombre d'éléments intéressants, notamment ceux exposés dans les articles "n'ayez pas peur de manger !", "dix conseils pour manger à sa faim... et pas plus !", "à force de se priver, on finit par manger plus", "gourmandise : arrêtez de culpabiliser", "le goût, ça se cultive".
Ces articles mettent bien en évidence la spirale infernale dans laquelle on se met face à l'alimentation : le désir (ça a l'air bon / je sais que j'aime / j'en ai envie...), la frustration (il ne faut pas / si je commence, je ne pourrai pas m'arrêter...), la désinhibition (tant pis, je craque) et la culpabilité (je n'aurais pas dû / je me mets à la diète / je jeûne ce soir / je suis nul(le) / je n'ai pas de volonté...). Et ce cercle vicieux fait le lit de comportements alimentaires compulsifs et d'une dépendance par rapport à l'alimentation.
Ces articles sont aussi riches d'idées pratiques bien que plutôt difficiles à mettre en oeuvre, tout seul chez soi, me semble-t-il : en fait, c'est une véritable psychothérapie de l'alimentation qu'il faut envisager : un travail sur soi accompagné, qui permettra de casser le cercle vicieux, de comprendre ce qui se joue entre la tête et le comportement alimentaire, de gagner en autonomie par rapport à l'alimentation et de pouvoir replacer l'alimentation au coeur de ses véritables fonctions : apporter de l'énergie, des nutriments, du symbole et du plaisir...
Dit donc c'est moi tout craché cette spirale infernale ! Sauf que dans la partie culpabilité je garde juste : "je n'aurais pas dû" et "je n'ai pas de volonté". L'idée de diète et de jeûne ne m'effleure même pas.
Je crois que je vais avoir besoin de toi :)
Rédigé par : Dominique | 08 mai 2007 à 19h18