Ce matin, en direct à 10 heures, je participe à l'émission de Michel Cymès : "comment ça va bien merci". Le thème est : les médecines complémentaires.
Avec l'aide d'un témoin adepte de jeûnes partiels et de pratiques yoggiques de purification du corps et de l'esprit, nous envisagerons la légitimité de ces tendances qui ne cessent de s'exprimer à travers le monde.
Mon intention est de rappeler que la nutrition est une science en plein développement. Il faut considérer avec humilité ce qu'on connaît aujourd'hui et ne pas être bloqué sur nos pratiques occidentales pour peu que... pour peu qu'il y ait bien du plaisir et de la convivialité qui restent dans les pratiques alimentaires de ceux qui cherchent à se purifier. Dans l'alimentation comme dans le reste, de tout un peu et un peu de tout ! C'est l'intensité de l'obsession qui témoigne de la présence d'un trouble alimentaire qu'on appelle l'orthorexie. Littéralement, ce mot signifie "manger droit". Ca, ça a toujours existé. On a toujours cherché à manger quelque chose qui pouvait être cohérent pour notre organisme sachant que manger, pour les omnivores que nous sommes, représente un réel danger. Manger droit, aujourd'hui, c'est aller pour certains au-delà de la volonté d'avoir des pratiques alimentaires saines : c'est pousser à l'extrême cette idée et s'inventer des rites alimentaires (comme manger chaque aliment séparément d'un autre ; ou ne manger que des pommes pendant une semaine) qui n'ont de sens que pour soi-même et qui donc isolent la personne de la société, c'est à dire des autres tout en augmentant son estime d'elle-même.
Même si ce trouble traduit une certaine angoisse par rapport à l'alimentation moderne et une difficulté à faire avec tous les messages nutritionnels de la politique hygiéniste actuelle (alertes santé, risques infectieux, risques toxiques, alicaments, supplémentation vitaminique), il n'en reste pas moins (on y revient toujours), qu'un des bons leviers pour aider ces personnes est de les rassurer et de leur permettre de renouer avec le plaisir de la table partagée.