On me demande souvent de raconter dans ce blog comment se passent mes consultations avec les patients. De faire des retours d'expérience. Ce n'est pas simple car avec chaque patient, c'est un peu comme si il fallait réinventer une histoire, une démarche. Accepter de le suivre dans sa réflexion et de le guider un peu. Etablir un rapport de confiance : confiance en soi, confiance en lui, confiance partagée...
D'abord, dans ma consultation, je ne pèse, je ne mesure, je n'évalue personne : je ne suis ni un censeur, ni un juge. Je ne sais pas ce qui est bien et ce qui est mal. La démarche dans laquelle je m'inscris n'a pas pour objectif une recherche de performance telle qu'elle devrait être mesurée à chaque rencontre. Non. Je crois mon patient lorsqu'il m'annonce son poids. Je le respecte lorsqu'il ne se pèse pas (souvent par peur de la balance). Je cherche à l'aider à simplifier son rapport à cette machine souvent vécue comme infernale. Il est là par sa décision, pour lui, parce qu'il pense qu'à ce moment là dans sa vie, ça peut l'aider. Si il souhaite mentir lorsqu'il m'annonce son poids ou sa taille, c'est sans doute que la vérité est trop douloureuse à énoncer à un ou une inconnue... Alors patience, respect, écoute, compréhension, accompagnement... D'ailleurs, le problème de mes patients se situe bien souvent ailleurs que sur la balance. La balance permet de faire un constat, de suivre une évolution. Mais le problème est plutôt dans l'image que la personne a d'elle-même. Dans ses volumes. Dans ce que son poids (trop important ou trop faible à ses yeux) peut l'empêcher de faire. Lors de la première consultation, bien souvent, le patient m'annonce un objectif de poids. Une sorte de poids rêvé qu'il n'atteindra peut-être jamais mais là n'est pas le problème, au fond. Au fond, le problème est pour lui d'atteindre un état qui lui permettra de vivre harmonieusement avec lui-même et avec les autres en simplifiant son rapport à son assiette, à son alimentation... (à suivre...)...