"Un vrai plaisir, avec une vraie tartine de vrai pain recouverte de vrai beurre, vaut mieux que deux tartines de faux pain et de faux beurre pour un ersatz de plaisir masochiste. Gardons nos racines gourmandes."
A dit le Dr Jean-Marie Bourre avec lequel je ne suis pas toujours d'accord mais qui là, résume bien l'aversion que j'ai pour les produits de substitution édulcorés (faux sucre) ou allégés en matière grasse.
J'ai le sentiment (non prouvé, c'est une sorte d'interprétation personnelle) que le cerveau constitue, depuis la naissance, une base de données de goûts, de saveurs, de textures. Lorsqu'on prend un produit de substitution (faux pain, faux yaourt, faux fromage, faux sucre... la liste est longue), c'est comme si on le trompait sur la marchandise : la fiche ne correspond pas aux données inscrites dans l'ordinateur central. On comprend alors qu'il en conçoive de la frustration et qu'il ait envie de re-tenter l'expérience jusqu'à trouver ce goût "perdu".
Et "masochiste" parce qu'il faut l'être un peu pour s'infuser du fromage ayant autant de goût qu'un morceau de carton, des boissons qui laissent un sale arrière-goût dans la bouche, une crème fraîche qui se défait en eau quand on essaie de la cuire ou des yaourts qui ont à peu près autant de douceur que du plâtre. Et le pire, c'est qu'on finit visiblement par se persuader qu'on trouve ça bon... C'est ça, le masochisme !