Eh oui, les obèses augmentent, nous sommes obèses de plus en plus jeunes, il y a de plus en plus de malades d'une nutrition inadaptée aux besoins de l'organisme et pourtant...
Pourtant, nous sommes sur-informés sur ce qu'il convient de faire et de ne pas faire ; nous pouvons lire les messages de prévention sur les pubs alimentaires ; même quand on ne sait pas lire, des petits légumes ou fruits en dessins animés divulguent les mêmes informations aux cerveaux bien perméables de nos enfants ; les médecins généralistes, pédiatres, ne cessent de nous mettre en garde sur le fait que la France grossit ; on montre du doigt les américains et les anglais en nous menaçant de finir un jour comme eux...
La seule chose qu'on ne se demande pas, c'est si ces messages de prévention sont non seulement entendus mais aussi compris, intégrés, adaptés, traduits ; c'est si cette prévention ne génère pas elle aussi ses propres effets toxiques ; c'est si l'argent dépensé ne pourrait pas être utilisé de manière plus ciblée, plus adaptée, mieux réparti. Combien nous faudra-t-il de PNNS pour nous dire que nous marchons sur la tête ? Combien de millions dépensés pour apprendre aux enfants à petit déjeuner, à savoir qu'il ne faut pas manger deux féculents au même repas, qu'il faut 3 produits laitiers et 5 fruits et légumes alors que nous ferions mieux de nous intéresser à leur développement du goût, à les familiariser avec des produits inconnus de leur famille, à leur apprendre à faire la cuisine, à se servir de leur nez et de leurs yeux pour évaluer la fraîcheur d'un produit (plutôt qu'à la date limite écrite sur le pot de yaourt), à travailler avec eux sur leur faim et leur envie de manger, à les emmener dans les magasins pour qu'ils se rendent compte par eux-mêmes de ce qu'on leur vend, à leur faire faire des maths en leur faisant comparer des prix et en leur démontrant que même quand on achète en grande quantité, on n'achète pas forcément moins cher au kilo...
Bref, les aider à devenir des consommateurs avertis, des mangeurs heureux et non des malades en puissance qui ont l'impression de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête et de transporter un sac de culpabilité bien plus lourd que les quelques kilos qu'ils ont peut-être en trop.
Et si derrière tout ça se cachait, entre beaucoup d’autres choses, une histoire de priorité ? Quelle place donne-t-on au fait de s’alimenter ? Quelle valeur accorde-t-on à notre santé ? Quelle valeur s’accorde-t-on… tout simplement ?
Régulièrement, j’entends des personnes justifier cette discordance entre la théorie connue et la mise en pratique par un manque d’argent et/ou un manque de temps. Il est vrai que cuisiner prend du temps, plus ou moins long selon le menu, mais buller devant la télé ou internet peut en prendre encore plus !
Certains, avec des enfants et un travail à assumer (et j’en connais !), prennent du temps pour cuisiner sans chichi (c’est pas tous les jours Noël non plus !) pour partager avec leurs enfants et leur transmettre un rapport serein avec la nourriture. Tout ça pour dire que chacun dispose de 24 heures par jour et ça me semble donc bien être une question de choix, de priorité. Idem pour l’argent : l’alimentation est un poste de dépense que l’on choisit de privilégier ou pas. En plus, l’hypothèse de base selon laquelle bien s’alimenter coûte cher me semble erronée. Je pense que de se nourrir de plats industrialisés dont on a du mal à discerner l’exacte composition revient au final bien plus cher que de cuisiner soi-même des produits simples. Ca fait une éternité que je les ai laissé tombé car finalement quand je prends le temps de les goûter, je ne trouve pas ça très bon et en plus j’ai rapidement de nouveau faim.
Bon, je m’arrête-là, certes un peu sèchement, non pas que je n’ai plus rien à dire sur le sujet, bien au contraire, mais y’a l’eau des pâtes qui groove ;-)
Cordialement,
Isa
Rédigé par: Isa | 13 novembre 2009 à 22h16