Ce n'est pas facile d'expliquer son métier quand on a une double casquette : il ne faut pas qu'il y aie de confusion entre les titres (psychologue et diététicienne) et la demande du patient. Ce que je dis souvent à mes patients, c'est que je leur propose une sorte de "psychothérapie alimentaire" comme le bilan de compétences est une sorte de "psychothérapie professionnelle". Petite note pour faire le tri entre ce que je fais et ce que je ne fais pas...
Ce que je fais :
- Entendre la demande du patient, travailler dessus pour éviter de partir sur une fausse piste. Exemple : "je veux maigrir" alors que le patient veut en fait arrêter d'être la proie de compulsions alimentaires, d'envies irrepressibles et incontrôlables. Dans ce cas, le poids n'est pas le problème central ; c'est le comportement qui est le problème.
- Travailler avec le patient sur le décodage de ses sensations alimentaires. Lui donner des explications théoriques puis mettre à sa disposition des outils qui lui permettent peu à peu de sentir et de circonscrire ses sensations et d'y apporter la réponse la plus juste possible (juste et non pas "bonne" ou "normale"). Organiser des dégustations d'aliments jugés par le patient comme "diaboliques". Lui permettre de comprendre et décoder l'offre alimentaire.
- Echanger sur sa relation avec la nourriture. Par quoi cette relation a-t-elle été influencée ? Son éducation,son état de santé, sa religion, son groupe social, sa jeunesse, son rapport à son poids, à son corps, sa femme, son mari, son état psychologique, sa position professionnelle... Et elle/lui, dans tout ça ? Apprendre à faire le tri dans toutes ces influences parfois néfastes, parfois nocives et permettre à la personne de reprendre sa place et sa responsabilité de mangeur. En plus simple, permettre à mes patients de savoir pourquoi ils mangent ce qu'ils mangent et d'adhérer à leurs pratiques alimentaires.
- Accompagner mes patients dans leur évolution par rapport à eux-mêmes, par rapport à leur corps. Leur permettre de retisser le lien entre leur corps et leur tête. Mais un lien positif, harmonieux. Pas une bagarre, ni une lutte, ni une guerre.
Ce que je ne fais pas :
- me substituer à une psychothérapie : pour comprendre, il faut parfois creuser loin. Mais pour aider la personne à faire avec son histoire, comprendre ce qu'elle a vécu et l'accepter, il faut un professionnel qui peut recevoir la parole du patient et qui doit en faire quelque chose. C'est le rôle du psychothérapeute. Le mien se limite à pointer du doigt les difficultés personnelles auxquelles se heurte mon patient et à lui conseiller de rencontrer un psychothérapeute, si il le souhaite ou si la souffrance est trop importante.
- délivrer un "régime" (quel qu'il soit) parce que mon patient le demande : c'est une démarche personnelle dans laquelle mon patient s'engage avec moi. Une démarche au cours de laquelle il accepte et a envie de gagner en autonomie par rapport à son alimentation. Dans ce cas, délivrer un cadre de régime serait contre-productif. C'est pourquoi je ne le fais pas.